Il existe 3 freins importants à l’acquisition d’une nouvelle compétence ou d’un nouveau comportement. Autant les connaitre c’est plus facile pour avancer !

8h50. Arthur, salarié chez Brictar quitte ses collègues installés autour de la machine à café. Il se dirige vers la salle de réunion.

Dans quelques instants, il devra présenter les conclusions de l’étude qui lui a été confiée en interne.

Plus que son manager, Arthur appréhende la réaction de la chef de l’unité. Il la connait peu, mais sa réputation l’a précédée : accroc de ses tableaux de bord sous Excel, elle est plus encline à faire plaisir à sa hiérarchie qu’à apporter des idées ou à motiver ses équipes. Son crédo serait : Réfléchissons à des idées nouvelles, mais ne mettons rien de nouveau en place, tant que ce qui y existe fonctionne. Pour son personnel c’est l’application directe de « faire et défaire c’est toujours travailler ».

Attentive à ne rien déranger dans cet équilibre qui plait en haut lieu, elle sait habilement emballer son immobilisme dans un mouvement brownien (ce mouvement permanent et désordonné) de projets qu’elle rend tous plus inutiles les uns que les autres. Son secret ? L’utilisation subtile de trois puissants freins :

Le sens premier de la critique est positif : C’est l’examen détaillé d’exactitude, d’authenticité. Ainsi, par la critique, on empêche que le diable trouve un détail pour s’y cacher. C’est une manière d’assurer la réussite.

Le « bon » sens critique s’acquière par l’expérience et l’expertise.

Mais soit par maniaquerie, soit pour se faire remarquer, on commence à chercher la petite bête. A ce stade, on dérive doucement mais immanquablement vers le jugement hostile, côté obscur et destructeur de la critique.

Si la critique devient une attitude systématique, elle va stopper la communication entre les interlocuteurs.

C’est tout à fait ce qui pourrait arriver à Arthur. Si la chef de l’unité critiquait à chaque instant ses propos. Il y aurait un risque de conflit dans un premier temps, puis las de se battre contre des moulins, Arthur finirait par se taire, mettant fin à la communication.

La critique intempestive mène tout droit à la perte d’objectivité. Dans cet état d’esprit, on ne cherche plus à être « juste » ou à exercer son attention d’expert. On cherche à neutraliser l’autre, à anéantir sont travail.

C’est ce qui risque d’arriver à Arthur, face à la reine de l’immobilisme, son rôle est justement d’enterrer l’étude demandée.

Nous sommes loin des paroles d’Emerson, philosophe américain du 19é siècle qui s’exclamait : Que je suis heureux de rencontrer quelqu’un qui a un avis différend du mien, c’est ma seule façon d’apprendre quelque chose de nouveau ». C’est le domaine de la critique constructive, celle de l’expert : le droit de critiquer et le devoir d’apporter ses propres propositions.

Si le premier frein n’a pas fonctionné, pas de panique ! Il y en a un second : la confirmation.

Confirmer c’est s’affermir ou affermir quelqu’un dans une croyance, une intention.

La confirmation est une attitude naturelle qui consiste à ne retenir de ce que dit l’autre que ce qui confirme notre point de vue.

C’est une attitude tout confort ! On reste dans ses habitudes, sans crainte du changement.

Arthur risque fort de voir ses arguments lui être renvoyés par sa chef d’unité. Peu importe le risque de sclérose ou de la faille des certitudes. A chaque élément envoyé, elle trouvera une utilisation à son avantage.

Supposons qu’il évoque une recommandation de l’étude de pivoter une activité. Sa chef pourra lui demander s’il a expérimenté l’idée. La réponse sera forcément non puisque ce n’est pas l’objet. Elle mettra donc en évidence un risque que l’étude ne démontre pas. Une bonne raison de ne pas faire !

La confirmation est l’antithèse de la curiosité dites-vous ? Exactement.

On pourra ainsi parodier la phrase de Prévert en l’appliquant à la chef d’Arthur : Cette femme suivait son idée, c’était une idée fixe, elle s’étonnait de ne pas avancer !

Si par malheur, Arthur arrivait à saboter le frein de la confirmation, sa chef pourrait utiliser le frein de secours : La justification.

Le synonyme de se justifier est se disculper, se mettre hors de cause, dégager sa responsabilité. Courage, fuyons !

La chef d’Arthur pourrait sans peine justifier des résultats antérieurs qu’il n’aurait pas atteint pour le discréditer. Ainsi quelques soient ses préconisations, elles perdraient toute légitimité. Pourquoi donc écouter ou pire appliquer les recommandations d’un individu qui ne va pas au bout des choses ? Enfin !

Les vieux dossiers, un excellent moyen pour mettre en faute son interlocuteur. Avec un peu de chance, pensant éluder le sujet il s’excusera. C’est la meilleure façon de s’accuser !

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